Le Nouvelliste | LEAD pour l’ouverture des entreprises haïtiennes à d’autres sources de financement

Début juin, le programme « Leveraging Effective Application of Direct Investments» (LEAD), financé par l'Agence internationale américaine de développement (USAID) et implémenté par la Fondation panaméricaine de développement (PADF), a organisé au Kinam hôtel un séminaire intitulé « Placements en entreprise / Comment vendre et/ou acheter des actions» pour le compte des entreprises faisant partie de son portfolio.

Animé par le professeur Édouard Clément, analyste financier, consultant international en financement et investissement, ce séminaire avait pour vocation de permettra aux participants de mieux comprendre comment déterminer les parts dans une société, et également de les informer des implications juridiques, financières et fiscales des placements en entreprise. « L’idée est de montrer à ces entreprises qu’il y a d’autres opportunités de financement, d’autres options pour leur croissance […] Une entreprise peut ouvrir ses portes pour vendre des actions, par exemple », a fait savoir Nadia Cherrouk, directrice de la PADF, qui espère, dit-elle, ouvrir de nouveaux chantiers pour les entrepreneurs haïtiens. À côté du financement traditionnel, en général les épargnes des familles, et l’accès à des prêts, le programme LEAD, via ce séminaire animé par un expert haïtien qui connaît très bien le secteur, entend prouver aux participants, une trentaine, qu’il est possible de démarrer une petite entreprise et de l’agrandir en vendant des actions. « À ce moment-là, on passe à une transparence des livres, des comptes et il y a un engagement direct de tous les investisseurs », a fait remarquer Mme Cherrouk. « Les gens sont très souvent réticents à ouvrir l’actionnariat pour aller chercher d’autres capitaux qui sont détenus par des étrangers. À partir de ce moment, il y a une certaine concentration du capital dans une même famille. Ce qui nécessairement n’est pas une bonne chose, car, dans le cadre d’une concentration du capital dans une même famille, lorsqu’il y a faillite, c’est toute la famille qui plonge », a expliqué M. Clément, déplorant l’inexistence de marché secondaire dans le système financier haïtien. « Il y a un marché primaire où les actions se transigent entre anciens actionnaires et les nouveaux actionnaires de l’entreprise […] Les anciens actionnaires ont un droit préférentiel et l’exercent pour acheter les nouvelles actions qui sont émises. Ce qui fait que ces actions ne sont pas vendues dans le public qui n’est pas même au courant de cette nouvelle émission », a précisé Édouard Clément soulignant que le marché primaire concerne ce qui se fait à l’intérieur alors que le marché secondaire concerne le public. « Nous avons un problème d’information, a poursuivi M. Clément. La plupart des participants n’étaient pas au courant qu’il existe une infinité de solutions pour capter des capitaux. » D’où la pertinence de ce séminaire qui, tout en faisant bénéficier les entreprises ayant travaillé avec LEAD, tente d’ouvrir le mécanisme des actions à tous les types d’entreprises (services, commerce et autres). En d’autres termes, il s’agit pour les responsables de LEAD de mettre en ligne les entreprises haïtiennes avec les standards internationaux et d’ouvrir de nouveaux chantiers pour qu’ils puissent devenir plus compétitifs sur le marché international. « Dans le portfolio de LEAD, il y a une représentation [d’entreprises] de plusieurs secteurs. [Toutefois], il faut que ces entreprises puissent créer des jobs et contribuer à l’agrandissement de l’économie nationale », a indiqué Nadia Cherrouk, rappelant que les entreprises de commerce ne remplissent pas les critères de ce programme en passe d’être bouclé à la fin du mois de septembre de cette année. « Nous espérons qu’il y aura d’autres programmes de ce genre qui pourront être élaborés à partir de l’expérience LEAD […] Les besoins pour le secteur des PME en Haïti sont très vastes. Beaucoup reste à faire. Ce que nous avons réussi à faire, c’est d'offrir un modèle », a déclaré Nadia Cherrouk. « Grâce à une certaine assistance technique qui est donnée aux entreprises et avec un accompagnement, il est fortement possible d’avoir des entreprises qui existent et qui contribuent positivement à l’économie nationale en créant des jobs, en remettant la mise dans l’import-export, en produisant localement, en innovant aussi », a soutenu la responsable de la PADF.

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